Tout savoir sur l’actualité et les tendances du marché immobilier en 2024

Le marché immobilier français a traversé en 2024 une phase de correction après deux années de recul marqué. Le volume de transactions a atteint un point bas, les prix se sont ajustés selon les territoires, et de nouvelles réglementations ont modifié les règles du jeu pour les propriétaires-bailleurs. Comprendre ces dynamiques suppose de distinguer ce qui relève du cycle conjoncturel (taux, crédit) de ce qui traduit un changement structurel (normes énergétiques, encadrement locatif).

Crédit immobilier et taux d’intérêt : le mécanisme derrière la reprise

Le taux d’intérêt du crédit habitat conditionne directement le pouvoir d’achat immobilier des ménages. Quand il monte, la capacité d’emprunt diminue à mensualité constante, ce qui réduit mécaniquement la demande et, avec un décalage, les prix.

Après la hausse rapide observée entre 2022 et 2023, les taux ont amorcé une détente progressive en 2024. Cette baisse a redonné du pouvoir d’achat aux acquéreurs, sans pour autant ramener les conditions au niveau d’avant 2022. Le marché du crédit habitat a ainsi continué d’évoluer, selon la Banque de France, après cette phase de resserrement monétaire.

Pour suivre ces évolutions au fil des mois, croiser les informations immobilières avec Trend Immo permet de replacer les données locales dans le contexte national.

La détente des taux a produit un effet concret : davantage de dossiers de financement ont abouti en fin d’année. La demande s’est réactivée, en particulier sur le segment de l’ancien, où les vendeurs avaient commencé à ajuster leurs prix.

Couple de jeunes acheteurs étudiant des plans immobiliers et des tendances du marché dans un appartement en rénovation

Volume de transactions et prix en France : un marché à deux vitesses

Le recul des volumes de ventes s’est prolongé en 2024, poursuivant la correction entamée en 2023 avec 935 000 transactions enregistrées cette année-là.

Les prix ont suivi une trajectoire différenciée selon les territoires. En moyenne annuelle, la baisse s’est poursuivie, mais avec des écarts importants :

  • Les grandes métropoles où les prix avaient le plus augmenté ont subi les corrections les plus nettes, notamment sur les appartements anciens.
  • Les villes moyennes et certaines zones rurales attractives ont mieux résisté, portées par la demande post-Covid de logements plus spacieux.
  • Le segment du neuf a connu une crise spécifique, avec une offre en forte contraction liée à la hausse des coûts de construction et à la fin programmée du dispositif Pinel.

Cette disparité géographique rend les moyennes nationales trompeuses. Un même budget d’achat ne donne pas accès aux mêmes surfaces selon la ville, et l’écart s’est creusé en 2024.

Loi Le Meur et location touristique : ce qui change pour les propriétaires

L’angle le moins traité dans les bilans classiques du marché concerne la loi n° 2024-1039 dite « Le Meur », promulguée le 19 novembre 2024. Cette loi encadre la location touristique de type meublé avec des conséquences directes sur l’investissement locatif.

Plafond de location abaissé par les communes

Jusqu’à cette loi, une résidence principale pouvait être louée en meublé touristique jusqu’à 120 jours par an. Désormais, les communes peuvent abaisser ce plafond à 90 jours. Cette mesure vise les zones tendues où la location saisonnière réduit l’offre de logements permanents.

Exigences de DPE pour les meublés de tourisme

L’encadrement énergétique des meublés de tourisme s’est rapproché de celui des logements classiques. Les nouvelles mises en location en zone tendue doivent respecter des exigences de diagnostic de performance énergétique. Pour les propriétaires qui louent des passoires thermiques sur les plateformes, cette contrainte impose des travaux de rénovation ou un retrait du marché touristique.

Cette convergence réglementaire entre location classique et location saisonnière modifie les calculs de rentabilité. Un investisseur qui comparait les deux options doit désormais intégrer le coût de mise en conformité énergétique dans ses projections.

Conseiller immobilier présentant des graphiques de tendances et d'évolution des prix du marché immobilier à un client en agence

Stabilisation du marché immobilier : signaux pour la suite

Plusieurs indicateurs suggèrent que le point bas du cycle a été atteint ou approché fin 2024. La stabilisation des prix dans certaines zones, combinée à la reprise du crédit, dessine un scénario de redémarrage progressif plutôt que de rebond brutal.

Le Conseil supérieur du notariat note des signes encourageants sur le pouvoir d’achat immobilier, même si l’évolution reste contrastée selon les profils d’acquéreurs. Les primo-accédants, plus sensibles aux conditions de crédit, bénéficient davantage de la baisse des taux que les investisseurs, confrontés à un durcissement fiscal et réglementaire.

Le secteur du neuf reste le maillon fragile. Sans dispositif de remplacement du Pinel à effet comparable, la production de logements neufs risque de rester inférieure aux besoins estimés. Cette pénurie d’offre neuve pourrait, à terme, soutenir les prix de l’ancien dans les zones les plus demandées.

Le marché immobilier français en 2024 a donc combiné un ajustement cyclique (correction des prix, baisse des volumes) et des transformations réglementaires de fond (loi Le Meur, normes DPE). Ces deux dynamiques ne produisent pas les mêmes effets selon qu’on achète, qu’on vend ou qu’on investit en locatif, ce qui rend toute généralisation hasardeuse.

Tout savoir sur l’actualité et les tendances du marché immobilier en 2024